Dix ans après l’attentat de Nice, survenu le 14 juillet 2016, la menace terroriste en France reste vivace. Les acteurs ont, eux, changé. Plus jeunes, autoradicalisés, ils se sont affranchis des organisations jihadistes pour agir de manière autonome.
Une journée d’unité nationale entre liesse et recueillement. Ce 14-Juillet s’annonce comme un rendez-vous majeur pour la mémoire collective française, cette échéance revêtant une double portée symbolique. Défilé, feux d’artifice, bal des pompiers… Cette année, le programme des festivités se voit quelque peu bouleversé, en raison de la commémoration du tragique attentat de Nice. Il y a dix ans, dans la soirée du 14 juillet 2016, un camion fonçait dans la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais, coûtant la vie à 86 personnes et provoquant des centaines de blessés. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, ressortissant tunisien au volant du poids lourd, fut abattu par les forces de l’ordre, après avoir parcouru deux kilomètres d’une course meurtrière.
Des organisations affaiblies
Depuis, les capacités opérationnelles de Daesh se sont fortement érodées. Une succession de revers a considérablement affaibli l’organisation jihadiste, qui a vu son califat en zone syro-irakienne chuter en 2019. Privée de son bras armé le plus puissant, la menace terroriste demeure pourtant persistante, portée par une idéologie capable de se diffuser au-delà des territoires contrôlés par l’organisation.
En France, les traits de la menace jihadiste ont été redessinés, laissant apparaître un visage plus individualisé. Le terrorisme dit «projeté» semble avoir reculé, les organisations terroristes ayant perdu la capacité d’envoyer des commandos sur le territoire national. Elles ont, un temps, privilégié les opérations téléguidées, établissant des liens avec des personnes présentes sur le territoire pour les pousser à passer à l’acte, mais cette stratégie a évolué.
Un terrorisme «inspiré»
Ce sont désormais des individus qui s’auto-alimentent de propagande pour envisager un engagement jihadiste, souvent sans lien direct avec des organisations comme Daesh. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais sa portée s’est amplifiée avec les développements des réseaux sociaux. TikTok, Telegram, et Snapchat sont devenus des vecteurs majeurs de la radicalisation des jeunes, exacerbant le phénomène de l’auto-radicalisation.
Une menace à la fois endogène et exogène
Les récents bouleversements géopolitiques au Moyen-Orient, notamment après le 7 octobre, ont accru cette menace. L’augmentation des tensions jihadistes pourrait provoquer une motivation à passer à l’acte, notamment parmi des individus isolés, dont le passage à l’acte devient plus imprévisible. Ces transformations constatent une dynamique inquiétante dans le paysage du terrorisme.
Source : CNews
