Trois avocats incarcérés pour narcotrafic mettent le barreau en alerte

Le serment est-il en danger ? Trois avocats, Kamel Aïssaoui, Caroline S. et Mathilde S., ont été récemment incarcérés pour avoir servi d’intermédiaires entre le monde judiciaire et le narcotrafic. Ces dossiers interpellent la profession sur l’impact des pressions, de la concurrence et de la précarité économique.

Détails des mises en examen

Me Kamel Aïssaoui a été mis en examen pour avoir aidé un cadre de la DZ Mafia à communiquer depuis sa cellule. Caroline S. est en détention provisoire depuis le 7 juillet, soupçonnée d’avoir transmis des informations à des groupes criminels via Hacène Larbi. En octobre 2025, Me Mathilde S., avocate à Rouen, a été écrouée pour trafic de cannabis et complicité de communication d’enquête, avant d’être libérée sous contrôle judiciaire après suspension de sa profession.

Profession sous tension et manque de formation

Plusieurs pénalistes alertent sur le « risque d’engrenage » face à des clients « de plus en plus pressurisés », notamment dans les quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Depuis la suppression du stage de deux ans, les jeunes avocats manquent d’encadrement, constate Elliot Bersegol, 28 ans, qui plaide pour un retour d’un tutorat obligatoire afin de prévenir les dérives déontologiques.

La profession appelle désormais à renforcer l’accompagnement des avocats avant l’attribution de dossiers sensibles et à développer des formations pratiques en déontologie. Faute de mesures concrètes, la confiance envers ces « gardiennes et gardiens du droit » pourrait s’éroder durablement.

Source : CNews

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