Ce jeudi 16 juillet, députés et sénateurs tenteront d’aboutir à un texte commun pour le projet de loi d’urgence agricole, censé être un texte de «réconciliation» pour faire face à la mobilisation et la colère agricole de l’hiver 2025. Voici tout ce qu’il faut comprendre.
Des débats qui s’annoncent difficiles. Largement remanié par le Sénat au début du mois, le projet de loi d’urgence agricole doit de nouveau être débattu entre les députés et les sénateurs afin de trouver un texte de compromis ce jeudi 16 juillet lors d’une commission mixte paritaire. Certains élus ont néanmoins fait part de leurs inquiétudes, notamment sur la question de l’eau.
Les inquiétudes autour de la gestion de l’eau
À l’issue de l’étude du texte par le Sénat, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a manifesté quelques doutes, déclarant : «Je ne reconnais plus le texte du gouvernement». Ce dernier a été «profondément remanié» et pourrait maintenant être comparé à la loi Duplomb, un projet antérieur qui avait suscité une forte opposition populaire. Pour la ministre, ces changements mettent en péril «la démocratie de l’eau», ce qui a été corroboré par le ministère de l’Agriculture soulignant que plusieurs nouvelles dispositions adoptées par le Sénat dépassaient l’équilibre proposé par le gouvernement.
Une mobilisation croissante des acteurs du territoire
Plusieurs associations de collectivités ont appelé à un retrait du volet «eau» du projet de loi, déplorant que les mesures proposées privilégient les agriculteurs au détriment d’autres usagers. Jean-François Debat, maire PS de Bourg-en-Bresse, a affirmé qu’un traitement collectif de cette problématique était nécessaire, regrettant que certains amendements reflètent davantage des «intérêts corporatistes». De plus, France Eau publique a également demandé la suppression des dispositions d’urgence relatives à l’eau, arguant qu’elles devraient faire l’objet d’un projet de loi spécifique et intégré dans un débat plus large sur la gestion de cette ressource vitale.
Au cœur de l’actualité, la France fait face à une sécheresse exceptionnelle, accentuant l’urgence de ces discussions. Les cours d’eau montrent des débits dangereusement bas, avec près d’un quart des petits cours d’eau à sec. Les mesures envisagées dans la loi d’urgence agricole pour la gestion de l’eau soulèvent donc des inquiétudes quant à leur viabilité et leur équité.
Source : CNews
