Depuis 2022, la commune de Cuers (Var) consacre près de 300 000 € par an à des mesures innovantes pour faire baisser la chaleur en plein cœur de l’été. La décision fait suite à un relevé record de 61 °C au sol lors de la canicule 2022. Sous l’impulsion du maire Bernard Mouttet, le slogan «Ville basse température l’été» traduit une volonté d’adaptation face au réchauffement climatique.
Des aménagements urbains pour rafraîchir la ville
Dans les espaces publics, Voile du Sud a installé des voiles d’ombrage tressées qui favorisent la circulation de l’air frais, réduisant la température au sol de près de 50 %. Les trottoirs ont été remplacés par un revêtement clair à base de poix, limitant l’absorption de la chaleur sans recours aux résines pétrochimiques. Par ailleurs, une trentaine d’arbres (ormes, frênes, platanes) sont plantés chaque année pour créer des îlots de fraîcheur.
Réinventer les écoles pour un refroidissement passif
Les deux écoles primaires ont bénéficié de 13 millions d’euros de travaux, labellisés «Bâtiment durable Méditerranée». Parois en fibre de bois, faux plafonds et moucharabiehs inspirés du Maghreb offrent isolation et ventilation naturelle. À l’intérieur, un système de micro-pulvérisation d’eau sur des panneaux refroidissants a fait chuter la température des classes de près de 10 °C, tandis que les cours en goudron ont été converties en sols drainants.
Un urbanisme tourné vers la résilience
Le conseil municipal a validé un nouveau plan local d’urbanisme pour imposer aux constructions privées l’usage de matériaux clairs et une orientation favorisant la ventilation naturelle. Malgré la réduction du Fonds vert de l’État (de 2,5 milliards en 2024 à 837 millions en 2026), Cuers mise sur ses propres financements pour poursuivre la transformation.
Les initiatives cuersoises illustrent comment une ville moyenne peut agir concrètement face aux canicules. D’autres communes s’inspirent déjà de ce modèle pour concilier confort et sobriété énergétique.
Source : CNews
